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Na-Aven : L'Histoire d'un Nuage  作者: シャムローズ
Partie III : La Pierre Hal
27/46

Tout perdre ~

~~ Higurashi No Naku Koro Ni - Riyuu

 Au beau milieu de la nuit, alors que tous s’étaient endormis, Grei se leva. Aggniz dormait sur le lit d’à côté. On aurait dit qu’il y avait une cheminée dans la chambre. Ses flammes dégageaient encore un peu de chaleur mais ne brûlaient pas, un peu comme de la vapeur chaude… Les elems du Continent Calciné semblaient pour le moins surprenants !


 Grei repensa à tous les événements par lesquels il était passé pour en arriver là.


 Sa rencontre avec l’Ancien Baadal, son arrivée à la cité de Nephelia… Duorukh. Il était ensuite venu sur le Continent Vert, il avait fait la connaissance d’Anndjir, de l’Ancien Drakht… Enfin, il y avait eu l’invasion de l’Empire Ardent qui avait tout bousculé. Maintenant, il était là, à côté d’un elem de feu, chez le clan de Dionée.


 La dernière chose qui lui traversa l’esprit fut le visage défiguré d’Apple.


  Toute cette histoire… avait-elle un sens ? Il se souvenait encore du jour où il avait ouvert les yeux la première fois. Jamais il n’aurait pu deviner ce qui l’attendait en ce monde. Ce monde, qui était si magnifique et qui était peuplé par des créatures tout aussi magnifiques, était en fait rongé par le mal.


 Ces Dieux dont tout le monde parlait, existaient-ils vraiment ou alors n’était-ce qu’une invention créée juste pour donner une raison à toutes les choses qui n’en avaient pas ? L’Ancien Baadal lui avait dit qu’un jour, il comprendrait et qu’il finirait par y croire lui aussi. À l’inverse, plus Grei avançait, moins il voulait croire…


 Après quelques minutes à méditer comme le lui avait appris l’Ancien Drakht, Grei finit par sortir de la chambre. Il ne trouvait pas la tranquillité. À présent, l’image d’Apple inondait son esprit. Il voulait la revoir, cette elemme qu’il avait passé tant de temps à regarder en cachette. Il était complètement obnubilé par elle.


 Peut-être était-ce son charme naturel ? Peut-être était-ce son âme ? Il ne le savait pas.


 Le plancher grinçait. Grei dut marcher doucement, sur la pointe des pieds. Arrivé devant la porte de la chambre, il hésita à pousser la porte durant un long moment… Ne s’était-il pas promis de ne plus fuir ? Finalement, il ouvrit la porte.


 Une douce lueur pénétrait la chambre. Le ciel dégagé laissait se déployer la lumière de la lune et des étoiles. À la grande surprise de notre héros, Apple était assise sur son lit, seule, dans le silence le plus total, le visage tourné vers la fenêtre, tourné vers la lumière.


 Elle se retourna vers le nuage gris puis, après quelques secondes, elle abaissa son regard, fuyant celui du nuage gris. Pour rompre le malaise, Grei l’aborda :


— Alors, comment te sens-tu ? demanda-t-il timidement.


— Je vais bien, répondit Apple après un moment d’hésitation.


— Tu viens de te réveiller ?


 Elle ne répondit pas. La présence de Grei semblait la perturber. C’était en tout cas l’impression qu’il eut. Il se dit que ce n’était peut-être pas le bon moment pour venir la voir. Toutefois, alors qu’il s’apprêtait à s’en aller, Apple s’exclama brusquement :


— Attends !


— Qu’y a-t-il ? lui demanda Grei.


— Tu peux rester un peu, si tu veux.


— Je m’excuse d’être entré sans prévenir… On pourra parler demain si tu ne te sens pas prête maintenant. Je peux comprendre, tu sais !


— Ce… n’est pas grave, dit Apple d’une voix étouffée.


 Elle balbutiait de manière incompréhensible et n’articulait pas correctement. Grei n’entendit même pas ses dernières paroles.


— Hein ? lâcha-t-il alors.


— J’ai dit que tu peux rester, dit Apple en haussant un peu la voix. Désolé… je n’arrive pas à bien ouvrir ma bouche. Je sens tout mon visage qui se tire dès que je bouge un peu.


 La pauvre devait encore terriblement souffrir de sa condition. De plus, elle ne savait sûrement pas ce qui était arrivé à sa région… à son peuple… à sa famille…


— Apple, est-ce que… tu te souviens de ce qui s’est passé ? demanda Grei.


— Je ne sens plus mon visage, mon corps me fait mal et j’ai beau essayer d’ouvrir mon œil gauche, c’est comme s’il était toujours fermé…


 Grei ne répondit pas. Il ne savait pas quels mots employer. Il aurait peut-être mieux fait d’attendre le lendemain au lieu de débarquer à l’improviste. Il recommença alors à se ronger les doigts. Cette habitude ne le quittait plus.


— Je me souviens de tout, dit Apple avec un sourire étrange. J’avais beau être plongée dans les ténèbres, j’entendais ce que vous disiez. L’histoire d’Aggniz, le sort qu’a connu le Jardin des Dieux et même l’histoire de la guérisseuse qui s’est occupée de moi, j’ai tout entendu…


 Grei ne retira pas les doigts de sa bouche. Au contraire, il mordit si profondément que de l’eau chaude s’écoula légèrement de la plaie qu’il avait creusée avec ses dents. L’expression d’Apple était remplie d’affliction et Grei ne pouvait rien y faire…


— J’ai tout perdu, continua-t-elle avec sa voix faible et cassée. Je n’ai plus rien. Ma terre natale, ma maison, mes amis, ma famille, même mon visage… Que me reste-t-il alors ? Je n’ai plus rien, Grei. Mes parents, mon frère, ma nièce et… mon vieil oncle… J’ai…


 On entendait toute sa peine à travers sa voix. Elle était en état de choc. Était-il réellement possible de la réconforter ? Grei se devait d’essayer ! Et puis, sans le savoir, il possédait bien une arme à sa disposition : sa forte empathie.


 Grei s’approcha doucement, il posa un genou à terre et regarda Apple droit dans les yeux. Alors, il lui dit tout ce qu’il pensait à ce moment-là :


— Apple, quand tu voudras parler, je serai là. Quand tu voudras pleurer, je serai là. Qu’importe si le monde s’écroule, je serai là, à tes côtés. Nous serons tous là. Tu n’es pas seule. On ne se connaît peut-être pas mais, si je peux t’aider à traverser cette épreuve, même un brin, je le ferai.


— Je ne veux pas encore pleurer devant toi, dit Apple en pouffant étrangement.


 Malgré ses mots, les larmes revinrent. Elles se mirent à s’écouler sur ses joues pourprées. Elle ne put les retenir davantage. La voyant sangloter, le nuage gris se releva puis posa une main incertaine et vacillante sur son épaule. Évidemment, il n’osa pas la reprendre dans ses bras comme la dernière fois…


— Tu as toujours ta précieuse vie. Ta force et ton courage t’ont permis de survivre. Tu es une guerrière. Alors, je t’en prie, garde espoir !


 Grei rit doucement d’un air coupable et gêné. Puis, son regard se perdit dans le vide. La douleur et les regrets existaient aussi en lui…


— Regarde-moi, soupira-t-il. Je n’ai fait que fuir, que perdre… Je n’ai rien pu changer. Mais peut-on dire que j’ai vraiment échoué ? Après tout, je suis toujours debout et je continue à avancer. Je continue d’espérer et de croire que je trouverai de la lumière au bout de ce chemin.


— Mon oncle disait souvent « on ne perd que lorsque l’on se décide à perdre ».


— C’est bien son genre…


— Pardon ?


— Euuuh… on m’a beaucoup parlé de lui… Bref, quelqu’un m’a dit la même chose un jour. C’était une petite elemme que j’avais rencontré à Nephelia, la cité des nuages… Une petite elemme qui ne perdait jamais !


 Apple le regardait du coin de l’œil. Notre héros se demandait si elle était vraiment réceptive à tout ce qu’il disait… De toute façon, il valait mieux cela que de la laisser se morfondre toute seule !


— Moi aussi, je me suis promis que je changerai, que je ne fuirai plus devant mes ennemis, poursuivit Grei. Ne te résigne pas. Tu ferais gagner les oppresseurs. Bien sûr, tu peux pleurer, quel mal y a-t-il à cela ? Mais, tâche de rester forte. Ne sois pas… comme celui que j’ai été.


 En disant cela, Grei lâcha encore un petit rire maladroit. Malgré cela, ses mots avaient touché le cœur de la pomme. Elle sourit. La prestation du nuage gris avait réussi à apaiser quelque peu la tension qui pesait sur elle.


— Que dois-je faire alors ? demanda-t-elle. Quel sens y a-t-il à cette vie ?


— C’est drôle que tu me demandes ça… Moi aussi, je me suis toujours demandé pourquoi ce monde existait ! Que dirais-tu de chercher la réponse avec moi ?


 Apple se tourna vers lui. Avec la lumière qui venait de derrière elle, Grei ne pouvait pas la voir clairement. Il imaginait l’expression de la pomme écarlate, craignant la réponse qu’elle allait lui donner. Apple ne lui dit qu’un mot :


— Oui.


 Grei sourit d’un air hébété.


— Et toi, Grei, veux-tu bien me raconter ton histoire ? demanda Apple dont la curiosité venait d’être éveillée par ce jeune elem aux cheveux de fumées noires.


— Euh… Moi ? répondit un Grei hésitant. Eh bien… il se fait un peu tard, non ? Tu devrais plutôt te reposer. Je te la raconterai demain si tu veux !


— Veux-tu quand même rester un peu avec moi alors ?


 Apple lâcha ces mots d’une voix presque inaudible. Elle fut embarrassée de faire une telle demande. Son teint s’éclaircit de gêne mais notre nuage ne le remarqua pas.


— Autant que tu le veux, Apple, répondit Grei en portant son plus beau sourire.


 Le nuage gris alla s’asseoir de l’autre côté du lit, près des pieds d’Apple. De cet endroit, il pouvait mieux l’apprécier. L’éclat des cieux tombait directement sur son visage. Depuis le début, elle le regardait du coin de l’œil, sans doute en voulant cacher ses brûlures mais, maintenant que Grei pouvait la voir, il en était sûr… elle était toujours aussi belle !

« Une belle amitié semble être sur le point de se forger entre Apple et Grei.

Mais de quoi sera fait le jour prochain ? Peut-être d’une belle surprise… »


挿絵(By みてみん)

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