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Na-Aven : L'Histoire d'un Nuage  作者: シャムローズ
Partie III : La Pierre Hal
25/46

Le clan de Dionée ~

~~ Higurashi No Naku Koro Ni - Michishirube

 Durant des heures, nos quatre aventuriers volèrent sans s’arrêter. Pari manquait de sommeil et, en plus, elle portait Grei sur le dos. Il avait bien essayé de voler tout seul, mais il ne pouvait tenir le rythme et se retrouvait toujours avec un train de retard. Cela restait tout de même un progrès considérable ! Il remerciait intérieurement l’Ancien Drakht avec tristesse…


 De son côté, Aggniz portait Apple sans mal, il ne paraissait nullement fatigué. Même chez lui, aux grottes, là où il était détesté, il était reconnu pour son génie, un peu comme la petite Urnaa à Nephelia. Il n’avait pas eu besoin de beaucoup d’entraînement pour atteindre ce niveau.


 Finalement, ils réussirent à trouver un endroit qui correspondait à la description. Oui, ils trouvèrent un village qui se trouvait entre un lac géant et une forêt encore plus dense que celles du Jardin des Dieux. Était-ce là que résidaient ces fameux carnivores ?


 En tout cas, le soleil avait commencé sa descente et la fatigue se faisait doucement ressentir, même pour Aggniz. Ils espéraient avoir trouvé le bon endroit…


 Ce village semblait assez rudimentaire. D’immenses piquets, tels de solides troncs d’arbres, l’entouraient. Un imposant portail se tenait au milieu de ces murs boisés. Derrière, on y voyait de grandes maisons en bois aussi. Que ce soit les remparts, le portail ou bien ces maisons, tout était jonché de lierre et de mousse…


 Nos amis se postèrent devant l’entrée puis Aggniz frappa plusieurs fois sur la porte. Aucune réponse ne vint.


— Nous aurions pu directement atterrir au village au lieu de nous planter là, non ? demanda Grei à Pari, assez doucement pour qu’Aggniz, qui était devant, ne les entende pas.


— Mauvaise idée, dit Pari. Ils pourraient prendre peur, surtout avec cet énergumène devant…


— D’ailleurs, pourquoi c’est lui qui porte Apple ? grogna le nuage.


— Tu t’es vu en train de voler, non ? Alors, tu as ta réponse. Si tu t’inquiètes à cause des flammes sur son crâne, sache qu’elles sont inoffensives quand il ne combat pas…


 Mais ce n’était pas les flammes qui inquiétaient le nuage. Il ne supportait pas d’être accompagné par un membre du peuple de feu, ce même peuple qui avait ravagé le Jardin des Dieux et tué ceux qu’il aimait ! En plus de cela, Grei gardait sa défaite en travers de la gorge. Tandis que sa nervosité le rongeait de l’intérieur, lui se rongeait les doigts…


 Soudain, ils entendirent d’énormes bruits de pas se rapprochant peu à peu. Il y eut ensuite un silence qui dura quelques longues secondes. Enfin, une voix sinistre se fit entendre.


— Qui va là ? fit la voix.


— Nous sommes des voyageurs, répondit Aggniz. L’une des nôtres est blessée. Nous avons absolument besoin de voir un guérisseur compétent !


 Aucune réponse. Aggniz frappa à nouveau la porte et demanda si la personne de l’autre côté l’avait bien entendu. Encore une fois, il resta sans réponse… Pourtant, le zîn de l’elem ne mentait pas, il était encore là, derrière la porte. Le charbon, commençant à s’impatienter, s’embrasa davantage et s’exclama :


— Hé l’ami, tu t’es endormi ou quoi ?! Nous voulons voir un guérisseur ! Et sache que nous sommes des amis de Nivora !


 Nivora était le nom de l’elemme qu’Aggniz recherchait, celle qui savait où trouver la Pierre Hal…


— Tu as dit Nivora ? reprit alors la voix de derrière le portail.


— Ah ! s’exclama Aggniz. T’es encore là alors !


— Des amis de Nivora ? Qui êtes-vous exactement ?


— Comme je l’ai dit, nous sommes de simples voyageurs. Je m’appelle Aggniz, je suis accompagné de trois amis dont une qui est grièvement blessée !


 Il y eut encore un silence après les paroles d’Aggniz. Ce dernier rougissait de colère à vue d’œil. Il avait l’impression qu’on se moquait de lui… et la réponse qui vint après ce blanc finit par le pousser à bout !


— Cette entrée est condamnée, dit simplement la voix. Vous ne pouvez pas entrer.


 Il ne leur faisait pas confiance. Aggniz ne l’entendit pas de cette oreille. Il déposa doucement Apple sur le sol puis, subitement, son expression changea et son zîn devint agressif. L’autre Aggniz était de retour !


 Il tendit son bras vers le portail et fit apparaître une boule de feu. C’était l’aatish. Il s’apprêtait à faire voler la porte en éclats !


— Qu’est-ce que tu fais ?! s’exclama Grei en lui empoignant le bras.


— LÂCHE-MOI… ou je te réduis en cendres en même temps que ce foutu portail !


 Pari repoussa Grei avec ses ailes et elle asséna ensuite un grand coup de griffe sur le bras du charbon. L’elem noir grimaça de douleur et recula de quelques pas.


— Hééé ! beugla-t-il en se tournant vers Pari avec un regard tout triste, complètement différent du précédent. Tu m’as fait mal !!!


 L’autre Aggniz était déjà reparti… En revanche, Grei était furieux. Il voulut s’avancer vers le charbon pour le confronter, mais Pari le repoussa une fois de plus. Elle garda son calme, mais elle n’allait pas pouvoir supporter ces sauts d’humeur très longtemps…


— Je suis gentille avec toi, Aggniz, mais ne teste pas ma patience, dit-elle froidement.


— Excusez-moi, répondit le charbon en baissant les yeux. Je… Je ne voulais pas…


— Peu importe. Essaye de te contrôler un peu mieux, c’est tout ce que je te demande !


 Aggniz lui-même était gêné par cette « facette » de sa personnalité. Après cette scène honteuse, il ne savait plus où se mettre. Il aurait voulu se rendre invisible comme Pari. Étonnamment, celui qui parla le premier après cela fut l’individu derrière la porte :


— Longez les remparts vers le centre de la forêt. À un endroit, vous verrez qu’ils s’interrompent, il y aura une petite faille. Je vous rejoins là-bas.


— C’est d’accord ! dit Aggniz, non pas sans que l’on entende Pari lâcher un long soupir.


 L’elem derrière les murs souhaitait certainement éviter qu’ils entrent par la porte principale. Ainsi, ils se mirent en route. Tous étaient impatients de rencontrer le curieux personnage à la grosse voix et aux lourds pas…


 Après une longue marche, ils finirent par arriver au niveau de la faille. Au sein de la forêt, il y avait une ambiance étrange. À part le bruit des feuilles se mouvant avec le courant d’air frais, on n’y entendait aucun bruit. C’était comme si les animaux étaient trop effrayés pour venir s’aventurer par ici…


 Enfin, ils finirent par entendre les gros bruits de pas revenir vers eux.


 Deux ronds jaunes brillaient dans l’ombre des arbres, c’était ses yeux, petits mais plein de caractère. Sa silhouette rappelait celle de Duorukh mais cet individu-là était encore plus imposant. La capuche posée sur son crâne lui donnait un air sombre et mystérieux… Cette capuche était reliée à sa tenue qui recouvrait sa peau verte pleine de veines rougeâtres.


 Il inspirait la peur et, pourtant, c’était lui qui semblait le plus troublé. Au début, il resta un long moment à fixer la grande Pari d’un regard ébahi puis ses yeux se tournèrent vers Aggniz. Il le scruta de la tête aux pieds avant de s’exprimer :


— Toi, tu viens du Continent Calciné, n’est-ce pas ? demanda-t-il en laissant apparaître ses dents grandes et pointues tel un requin blanc.


— Euh… non, mentit bêtement Aggniz. Je suis un elem d’ici, moi aussi !


— Hein ? fit le grand bonhomme. Qu’est-ce que ça veut dire ?


— Il a juste été… adopté par les gens d’ici, rattrapa Pari.


 Heureusement, le colosse vert n’y prêta pas davantage d’attention. Après avoir constaté l’état d’Apple, il fit un bref signe de la tête pour leur dire de le suivre. Le trajet se fit dans un silence total. Il fallait dire que le visage de ce colosse était tout sauf amical.


 Cinq minutes plus tard, ils arrivaient déjà devant une vieille maison isolée des autres. On aurait dit la hutte de l’Ancien Baadal en version géante avec en plus ce toit recourbé sur lui-même comme ceux que Grei avait vus au Jardin des Dieux.


 Ici, chaque maison mesurait une bonne dizaine de mètres. Il y poussait de la mousse, du lierre, des champignons et tout un tas d’autres plantes étranges. L’humidité était intense.


— Pourquoi ne puis-je ressentir vos zîns ? demanda le guide sans se retourner.


— J’ai invoqué les esprits pour qu’ils masquent nos présences, répondit la chouette d’un air blasé, tant elle avait marre de marcher. Nous ne souhaitons pas créer la panique chez vous…


— Et depuis quand connaissez-vous Nivora ? continua le grand elem vert.


— Pourquoi tu nous demandes tout ça ? répondit Aggniz du tac au tac. Ça n’a rien à voir avec toi de toute façon, mec !


— Déjà, parle-moi autrement. Et cela me concerne plus que tu ne le penses…


 Malgré l’apparence effarouchante de l’individu qu’il avait devant lui, Aggniz continuait de lui répondre n’importe quoi. Grei savait que c’était une mauvaise idée de l’amener mais pas à ce point… En voyant le regard noir de Grei et de Pari, Aggniz comprit qu’il avait refait une bourde.


— Ah, euuuh oui, désolé ! souffla-t-il. En fait, cela fait longtemps que nous ne l’avons pas vu. Peut-être qu’elle ne se souvient même plus de nous ! C’était il y a…


— Ce n’est pas pour la pomme que vous venez la voir, alors, répondit froidement le colosse.


 Personne ne comprit là où il voulait en venir. À cet instant, Grei commença à avoir des doutes. Après tout, ils ne savaient pas qui était cet individu… ni là où il les amenait. Toute cette histoire ne lui disait rien qui vaille !


— Que voulez-vous dire ? demanda le nuage gris.


— Nivora est justement la meilleure guérisseuse de notre clan. Si vous la connaissiez, vous le sauriez ! Vous, vous ne la connaissez pas. Dites-moi ce que vous lui voulez vraiment.


 La situation s’aggravait. Aggniz ne savait pas que Nivora était une guérisseuse. Ils étaient démasqués. Pour Pari, il n’y avait plus le choix. Il fallait jouer cartes sur table ! Cependant, le moment n’était pas encore venu de le faire…


— Avant cela, pourrions-nous savoir chez qui vous nous amenez ? demanda-t-elle alors.


— Vous êtes ici devant ma demeure.


— Ta demeure ? fit Aggniz. Merci de nous inviter, mais on aimerait remettre notre amie à Nivora avant toute chose !


— Justement… Nous sommes chez elle ici. Je suis Serazé, bâtisseur du clan de Dionée et… le mari de Nivora.


— Oh… quelle… coïncidence, bégaya le charbon ardent.


— Que ce soit bien clair, si je vous ai amené ici, c’est seulement pour cette jeune elemme, déclara Serazé. Je n’ai jamais dit que je vous laisserai entrer chez moi.


— C’est tout de même notre amie ! s’exclama Grei. Je peux vous promettre que nous ne sommes pas venus semer le désordre chez vous !


— Allez chercher de l’aide ailleurs si cela ne vous plaît pas ! Ou alors… attendez sagement ici sans faire d’histoire.


 Ce Serazé était dur. Grei se rappela la gentillesse d’Anndjir. Il sentit ses larmes monter en repensant à la disparition de son ami, en repensant à la disparition du Jardin des Dieux, cet endroit qui appartenait maintenant au passé. Il réussit tant bien que mal à se retenir et à accepter le fait qu’il n’était plus au même endroit…


 Il n’y avait pas à tergiverser, Apple passait avant tout. Son état pouvait se détériorer si elle ne voyait pas un guérisseur dès maintenant. Grei regarda la pomme, inconsciente sur le dos d’Aggniz. Sa respiration restait irrégulière…


 Pari fit un signe de la tête à Aggniz qui, dès lors, confia Apple à Serazé. Grei eut du mal à se faire à l’idée de lui laisser la nièce de l’Ancien Drakht sans aucune garantie pour sa sécurité. Alors que l’elem vert rentrait chez lui avec Apple dans les bras, Grei l’imaginait en train de la dévorer toute crue, déchirant sa peau avec ses grandes dents en pics…


— Serazé, je vous prie de nous apporter rapidement de ses nouvelles ! lui cria-t-il de loin.


 Le grand bâtisseur ne réagit pas. Il entra dans sa maison sans prendre la peine de rassurer les visiteurs… Grei sentit alors la colère l’envahir.


— S’il n’est pas revenu dans une heure, je vous promets que je rentre à l’intérieur, tonna-t-il.


— Calme toi, répondit simplement Pari. S’il n’est pas revenu dans une heure, c’est moi qui rentrerai ! En tout cas, il y a bien un autre zîn à l’intérieur… Alors, attendons de voir !


— Ouais, et puis on est des inconnus pour lui, ajouta Aggniz. Sa réaction peut se comprendre. Il doit nous trouver super louche. Je suis vraiment navré que ça se soit passé comme ça…


 Grei baissa les yeux. Il ne voulait pas l’admettre mais il savait qu’Aggniz avait raison. Il se mit dans un coin et recommença à se ronger les doigts.


 Finalement, Serazé réapparut bien vite… Il était suivi d’une personne encore plus immense que lui. Elle ne devait faire qu’une tête de moins que Pari. C’était Nivora.


 Son corps était fin et élancé. Comme Serazé, elle avait l’apparence de quelqu’un frappant à la porte de la quarantaine. Leurs apparences et leurs tenues étaient similaires, avec encore cette étrange capuche en peau verte dont les bords étaient recouverts de pics.


 L’expression de Nivora était aussi sévère que celle de son mari… En voyant les visiteurs, elle resta impassible. On aurait dit qu’elle n’était pas surprise de les voir. Cette elemme, était-elle vraiment la clé qui allait les mener vers la Pierre Hal ?

« Nos héros rencontrent enfin Nivora, la grande guérisseuse du clan des carnivores.

Quelle sombre histoire les attend cette fois ? »


挿絵(By みてみん)

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