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Na-Aven : L'Histoire d'un Nuage  作者: シャムローズ
Partie II : Le Jardin des Dieux
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Les doutes de Pari ~

~~ Kaiji - This World III

— QUOI ?! s’écria Grei, stupéfait en entendant la nouvelle. Attends mais… tu es sérieuse ?!


— Ça va, ce n’est pas comme si je te laissais tout seul, soupira la chouette. Et puis, tu n’auras pas de problème avec les elems du Continent Vert. Tu peux leur faire confiance.


— Oui mais, moi aussi, je ne peux pas profiter d’eux éternellement ! dit Grei en panique. Pourquoi dois-tu repartir ?!


— Écoute, je ne vais pas quitter la terre qui m’a vu naître et qui a vu naître mon père sur un simple coup de tête. Si je suis venue ici, c’est uniquement pour tenir la promesse que j’ai faite à Baadal. Maintenant, je ne vous dois plus rien. Sache que les Magimals n’interviennent jamais dans la vie des Elems normalement !


— Tu ne vas pas rester toute ta vie perchée sur un arbre ! Et l’Ancien Baadal, qu’est-ce que tu en fais ?! Tu comptes l’abandonner lui aussi ?! Ton père n’a pas vécu de cette manière-là que je sache. Tu m’as dit toi-même que c’était un voyageur !


 Il y eut un silence. Les paroles de Grei étaient insolentes mais sensées. Et, en vérité, Pari elle-même ne savait plus trop quelle direction prendre. C’était une personne forte mais, depuis la perte de son père, sa vie avait perdu toute saveur. Eh oui, Pari n’avait aucun objectif, aucune ambition, aucune raison de vivre…


 Toutefois, elle se devait de remettre les pendules à l’heure. En voyant l’expression de Pari s’assombrir, Grei fit un pas en arrière. Elle paraissait être sur le point de le dévorer.


— Change de ton quand tu me parles, piètre nuage, dit-elle d’un air menaçant. Tu m’as pris pour ta mère ? C’est ton combat, pas le mien. Vous n’avez apporté que des soucis à mon père ! Vos querelles, vos guerres… Je préfère de loin rester perchée sur un arbre que de revivre ça !


— Accorde-moi juste un peu de temps, s’il te plaît ! Je compte devenir bien plus fort que Duorukh et son armée. Une fois que j’aurai atteint ce niveau, moi aussi j’y retournerai ! J’ai peur pour l’Ancien Baadal. Tu sais, tout à l’heure…


— Je sais déjà que tu as eu une vision.


— Quoi ? Mais… comment ?


— Peu importe… Je sais qu’il est emprisonné. Tu t’attendais à quoi venant d’eux ?


— Alors, après l’avoir sorti de là-bas, nous pourrons nous séparer et tu pourras vivre comme bon te semble. Je t’en prie, Pari ! Sans toi, je ne sais pas si je pourrais y arriver !


— Encore une fois, tu ne fais que compter sur les autres. Tu ne réussiras pas. Tu n’as pas le mental qu’il faut. Ce n’est pas pour Baadal que tu devrais t’en faire mais plutôt pour toi ! En plus, avec le niveau d’où tu pars, on en a pour des années…


— Tu crois ça ?! Alors regarde !!!


 Cette fois, c’est avec aisance que Grei réussit à matérialiser le namia, une bien faible quantité mais cela restait un grand pas en avant. Le pauvre Grei ne s’attendait pas à ce que Pari rit aux éclats en voyant sa « prouesse ».


— Bravo ! s’exclama-t-elle. Tu as fait apparaître une goutte d’eau ! T’es trop nul… La petite Urnaa aurait pu faire ça avec un seul doigt.


— Laisse-moi au moins une petite chance. Je ne te demande pas de rester un an mais tout juste quelques jours. Je te promets que je te ferai passer l’envie de rire ! Donne-moi… six semaines ! Si dans six semaines, je n’arrive pas à utiliser le tsu, je ne te demanderai plus rien et j’irai combattre seul !


— Arrête un peu tes conneries…


— C’est une proposition juste que je te fais, accepte-la ! Je sais que l’Ancien Baadal représente beaucoup pour toi aussi, je sais que tu ne l’abandonneras pas !


— Tu me fais beaucoup rire, tu sais, dit Pari en riant nerveusement. Rien que pour cette rigolade, je vais y réfléchir. Je te donnerai ma décision demain. Maintenant, dégage et laisse-moi dormir…


 Grei obéit et rentra dans l’observatoire, tout penaud. L’annonce de Pari l’avait refroidi. Son inquiétude avait doublé. Inconsciemment, il comptait grandement sur l’aide de Pari. Sans elle, il n’était rien face à Nephelia… Il ne pourrait peut-être même pas y retourner, vu qu’il ne savait toujours pas voler.


 Cependant, ce n’était pas cela qui le préoccupait le plus… En réalité, elle restait sa seule véritable amie. Il ne voulait juste pas qu’elle parte, il ne voulait pas perdre sa compagnie ! Il avait déjà tant perdu…


 Allongé sur son lit, qui ressemblait plus à un gros tapis qu’à un lit, il repensa aux visions qu’il avait eues. Que signifiaient ces flammes ? Qui était Kazan ? Pourquoi Anndjir semblait si inquiet ? Et enfin, Grei repensa à l’Ancien Baadal, enfermé dans cette sombre pièce…


 Cette nuit-là, il prit une décision : que ce soit avec ou sans Pari, il irait retrouver son maître après en avoir fini avec son entraînement. L’Ancien Drakht allait lui apprendre à utiliser ses pouvoirs elemiens et, s’il cachait un potentiel aussi grand que celui d’Aroy, le précédent nuage gris, il n’aurait rien à craindre !


 Soudain, Grei entendit du bruit venir d’en haut. Il monta et entrouvrit discrètement la porte de la chambre. Les feuilles de Drakht paraissaient plus briller que d’habitude… Quelqu’un était assis, en train de parler. C’était la sœur d’Anndjir. Jamais il n’avait entendu une voix si douce. Elle parlait si bas qu’il n’entendait presque rien mais, cette fois, il pouvait mieux la voir.


 Elle ne ressemblait en rien à son frère, ce qui était logique puisque les liens de sang n’existaient pas chez les Elems. Elle avait une apparence si particulière que Grei ne pouvait s’empêcher de la fixer.


 Sa peau rouge et ses traits lui donnaient un charme sans pareil. Son visage était aussi doux que le timbre de sa voix, on pouvait y lire la gentillesse. Grei fit glisser la porte encore un peu plus. Il était sur le point d’aller l’aborder… mais, finalement, le courage ne lui vint pas. Il resta simplement là à l’observer durant de longues minutes.


 Lorsqu’elle finit par se relever, elle se tourna vers Grei mais ce dernier avait déjà déguerpi, laissant la porte entrouverte derrière lui. Alors qu’il descendait les marches, le cœur battant dix fois plus vite que d’habitude, il ressentit un sentiment étrange. Quelque chose autour de cette elemme le fascinait.


 Il s’endormit en gardant l’image de la sœur d’Anndjir ancrée dans son esprit.


 Justement, Anndjir lui rendit visite au matin. Grei dormait encore à poings fermés lorsqu’il arriva. En le voyant dormir si paisiblement, Anndjir préféra repartir. Toutefois, alors qu’il s’apprêtait à repartir, il entendit Grei bailler. Grei s’étira et puis… plus rien. Il ne se leva pas.


 Le nuage n’avait pas remarqué la présence d’Anndjir et il ne semblait pas vouloir se lever tout de suite… Anndjir se racla la gorge et Grei se leva presque instantanément.


— Anndjir ! s’exclama-t-il. Je ne savais pas… Ah ! Je… Euh… Depuis quand êtes-vous là ?


— Tu recommences à me parler comme ça, Grei ? demanda Anndjir en souriant. Pas gentil ça !


— Ah ! Excuse-moi ! J’espère que tu vas bien !


— Ne t’inquiète pas, je plaisante. Et c’est à moi de te demander cela ! Alors ? Bien dormi ? Tu n’as pas eu peur dans cette grande demeure silencieuse ?


— Absolument pas, j’ai bien dormi !


— C’est ce que je voulais entendre, dit-il avant de marquer une pause comme s’il hésitait à parler. Grei, mon ami, je vais te dire ce qu’il en est…


 Et il lui expliqua qui était Kazan, l’empereur-roi, et ce que représentait son armée, l’Empire Ardent. Ces gens-là venaient d’un troisième continent, celui complètement au sud, le Continent Calciné. Cela faisait déjà des années qu’ils avaient le Jardin des Dieux en vue.


 Anndjir décrivit Kazan, que l’on appelait aussi le Cavalier du Chaos, comme un être vil détruisant tout sur son passage… un être infernal.


 Venu des mines profondes du Continent Calciné, il ralliait tous les peuples à son empire en usant de la force si nécessaire. Il était le plus effroyable et le plus puissant de tous les elems ayant existé. Son ombre planait sur le monde tout entier. C’était cet individu cauchemardesque qui projetait de venir au Jardin des Dieux…


— Il a été blessé lors de sa dernière bataille, continua Anndjir. Nos émissaires ont affirmé qu’il était reparti chez lui, aux mines, et qu’il allait y rester. Ta vision montre autre chose mais, malheureusement, je n’ai pas pu convaincre mes amis du conseil… Et comme nous avons déjà refusé son offre une fois, l’empire ne viendra pas pour discuter la fois prochaine…


— Quelle histoire ! s’exclama Grei, abasourdi. J’aimerais beaucoup le rencontrer, ce Kazan. Je me demande vraiment à quoi il ressemble. Et ce Continent Calciné… il a l’air ignoble mais son nom suffit à faire monter la curiosité en moi !


— Tu es incroyable, Grei, répondit Anndjir en riant. D’abord, tu me dis vouloir rencontrer les Dieux et, maintenant, Kazan ! Y a-t-il une limite à ta curiosité ? Bon, en tout cas, tu n’as pas à t’en faire. Je ferais de mon mieux pour convaincre mes amis du conseil !


— Attends… Tu fais partie du conseil du Jardin des Dieux ?!


— Non, non… C’est juste que mes amis y sont…


 Le regard d’Anndjir s’était perdu. Son inquiétude venait de refaire surface. Soudain, il s’approcha de Grei jusqu’à ce qu’il soit juste en face de lui. Il le regarda avec ses yeux jaunes qui étaient aussi perçants que des rayons de lumière et lui dit :


— Ne dis rien à ma sœur à ce sujet s’il te plaît… Nous reparlerons de tout cela plus tard. Prends soin de toi, cher ami !


 Et voilà qu’il partit d’un air pressé tout juste après avoir laissé Grei sous l’avalanche de tout ce qu’il lui avait raconté.


 Lorsque Grei sortit de l’observatoire, Pari descendit immédiatement de son arbre et se posa devant lui. Sûrement venait-elle pour lui donner sa décision… C’était sorti de l’esprit de notre nuage. Allait-elle rester au Jardin des Dieux avec lui, oui ou non ? Enfin, ce n’était pas le sujet qu’elle aborda.


— Il est sympa le neveu de l’Ancien Drakht mais pourquoi est-ce qu’il te raconte ça ? J’espère qu’ils ne vont pas nous demander de migrer ! J’ai la FLEMME !


 Effectivement, elle venait de deviner le projet d’Anndjir…


— Qu’est-ce que je te disais, hein ? reprit-elle. Les histoires des Elems, ça ne finit jamais !


— Tu nous écoutais ?! demanda Grei, surpris. Attends, comment as-tu fait pour entendre ?!


— J’ai l’ouïe fine, répondit Pari. Bref, ça c’est dit.


— Ah ! C’est pour ça que tu savais pour ma vision…


— Maintenant, passons au reste, coupa sèchement Pari.


 Grei déglutit.


— Tu peux prendre ton temps pour te décider… Tu n’es pas obligé de…


— Je n’ai pas envie de réfléchir, Grei.


 La peur de Grei était revenue. Sa destinée dépendait de la décision de la Dame Blanche et, a priori, cela semblait mal parti !


— J’y ai déjà longuement réfléchi, à ta fameuse demande.


— Tu sais, il n’y a pas le feu ! s’affola Grei. Tiens, si tu veux, je peux aller te chercher à mang…


— Je vais rester encore un peu ici, déclara finalement la chouette à un Grei bouche bée. Moi aussi j’aimerais aider Baadal. C’est vrai. Et puis, s’ils le tiennent en captivité, je ne pourrais pas le faire sortir toute seule…


— Tu es sérieuse ?!


— Anndjir passe régulièrement me donner du gibier frais. Cela m’évite d’aller chasser tous les jours, c’est parfait ! Par contre, soyons d’accord, je t’aiderai uniquement si tu arrives à maîtriser le tsu en moins de six semaines, c’est TOI qui l’as dit !


 Grei afficha un gigantesque sourire de satisfaction. Il était tellement heureux d’entendre ces mots sortir du bec de la fière Pari. Il se fichait bien du reste de ce qu’elle pouvait lui dire. Tout ce qu’il voulait, c’était qu’elle reste. C’était la première victoire de sa vie !


— Enlève ce sourire débile de ton visage, gronda Pari. Tu ferais mieux de te remettre au travail.


— J’y compte bien ! lui répondit Grei tout en agrandissant encore son sourire.


 Grei avait repris confiance. Alors qu’il repartait pour le dôme de terre, Pari le regarda, pensive. Sans que Grei ne puisse l’entendre, elle ajouta :


— Baadal m’a presque supplié pour toi… alors je ne vais pas te laisser tomber maintenant.


 Grei entra dans le dôme et commença directement à s’échauffer. Il fit quelques tours du dôme en courant, s’étira puis commença à faire des pompes. Il fallait à tout prix qu’il réussisse à utiliser le tsu… Il se souvint des impressionnantes démonstrations de l’Ancien Baadal.


 « L’eau peut s’écouler paisiblement mais, avec un peu de pression, elle peut aussi détruire ! » lui avait-il dit avant de faire voler une petite pierre en éclats avec un peu d’eau et un peu d’air. Ça, c’était le pouvoir du tsu… Si Grei voulait vaincre Duorukh, il avait besoin de ce pouvoir !


 Après quelques minutes, la feuille lumineuse apparut, embaumant le dôme de cet agréable parfum de bois mouillé…


— Alors, Grei, es-tu prêt ? résonna sa voix dans l’esprit du nuage gris.


— J’ai juste une question à vous poser avant cela, Ancien Drakht !


— Je t’écoute.


— Euh… eh bien… pouvez-vous me dire le nom de… votre nièce ? bredouilla Grei.


— Hein ? Qu’est-ce que tu dis ? Parle plus fort !


— Oubliez ça ! Je dis n’importe quoi… Je suis prêt pour l’entraînement !


— J’espère bien que tu l’es. Ça ne va pas être un entraînement comme les autres. Tu vas morfler… Compte sur mes vieilles branches pour faire de toi un véritable guerrier nuage !

« Pari choisit de rester, Grei est heureux mais… le vrai combat est à venir !

L’entraînement de Drakht sera encore plus dur que celui de Baadal. »

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